Le Suisse Vladimir Petkovic a été nommé jeudi sélectionneur de l'Algérie, succédant ainsi à Djamel Belmadi.
La fédération algérienne (FAF) a indiqué dans un communiqué : « Vladimir Petkovic est le nouveau sélectionneur national. Le nouveau sélectionneur arrivera à Alger ce dimanche et animera une conférence de presse lundi ».
L'entraîneur suisse succède à Djamel Belmadi, remercié en janvier après la piteuse élimination des Fennecs dès le premier tour de la Coupe d'Afrique des nations.
Parcours de Vladimir Petkovic
Au cours de sa carrière, le natif de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) a dirigé plusieurs clubs suisses (FC Lugano, Young Boys, FC Sion notamment) ainsi que la sélection helvète pendant sept ans (2014-2021).
À 60 ans, il a déjà connu plusieurs expériences à l'étranger, en Turquie (Samsunsport en 2011-2012), en Italie (Lazio Rome en 2012-2013) et en France (Bordeaux en 2021-2022). Vladimir Petkovic a notamment entraîné Bordeaux pendant sa carrière. Il était libre depuis la fin de son contrat avec les Girondins, en février 2022.
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Les Défis et les Attentes
Vladimir Petkovic est à la tête de la sélection algérienne depuis septembre 2024. Tandis que l'Algérie approche de son entrée en lice dans cette CAN 2025, le sélectionneur Vladimir Petkovic inspire clairement l'inquiétude.
À quelques jours de ses débuts lors de la CAN 2025 au Maroc, l’Algérie arrive sur le papier comme un candidat sérieux au titre. Pourtant, ce n’est pas l’équipe elle-même qui inquiète le plus les observateurs et les supporters, mais son sélectionneur, Vladimir Petkovic.
L’entraîneur suisse est vivement critiqué pour sa gestion de l’équipe et son manque de compréhension du football algérien, au point que certains experts doutent de sa capacité à tirer le meilleur de ses joueurs.
Qui est Vladimir Petkovic, futur sélectionneur de l’Algérie ?
Patrick Juillard, journaliste spécialiste du football africain et de la CAN, ne mâche pas ses mots au micro d'Afri Talk. « Ce qui me fait peur avec l’Algérie, c’est le sélectionneur. Si tu mets les onze meilleurs joueurs, tu obtiens une super équipe. En revanche, avec une gestion à la Belmadi bis, je suis plus inquiet. »
Selon lui, Petkovic ne connaît pas vraiment les joueurs qu’il sélectionne et ne les a pas suffisamment observés en compétition, contrairement à son prédécesseur Halilhodžić. « Je pense que c’est Petkovic qui fait la liste, mais il aurait dû, comme Halilhodžić, aller voir des matchs pour découvrir des joueurs. Il aurait pu en tester certains. Il agit sous la pression, mais il n’agit pas de lui-même. Un sélectionneur, c’est aussi un recruteur. Il doit aller voir les matchs du championnat qu’il dirige, cela fait partie du travail. »
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Pour Juillard, le sélectionneur algérien ne prend pas assez de risques dans la constitution de son groupe et pourrait donc le payer cher. « Petkovic estime qu’il dispose d’assez de talents avec l’équipe constituée avant son arrivée. Il veut gérer l’effectif, sauf que les joueurs vieillissent et que la confiance s’est érodée à la suite des dernières CAN. L’équipe est fébrile ».
Préparatifs pour la CAN 2025
À la veille du choc face au Burkina Faso, comptant pour la 2ᵉ journée de la phase de groupes de la CAN 2025, Vladimir Petkovic s’est présenté devant la presse. Vladimir Petkovic a d’abord tenu à rappeler le caractère particulier d’une entrée en lice dans une Coupe d’Afrique des nations : « Le premier match est toujours imprévisible, on ne sait jamais comment les choses peuvent se dérouler. Nous avons observé certaines choses, rencontré des difficultés, mais aussi vécu de bons moments. L’essentiel, au final, était de remporter ce premier match et de bien entamer la compétition.
En élargissant son analyse à l’ensemble de la première journée, le sélectionneur des Verts a souligné la difficulté générale des rencontres et le manque d’écarts entre les équipes engagées : « La première journée a été assez similaire à notre rencontre. Les matchs se sont déroulés différemment entre les équipes annoncées favorites et celles qui voulaient bien faire. Personne n’a eu un match facile, personne n’a largement dominé. Mais au final, lors de cette première journée, les qualités des équipes ont fait la différence et elles ont réussi à s’imposer malgré les difficultés. Cela a aussi été notre cas.
Je le répète souvent, le prochain match est toujours plus difficile. Nous attendons donc le Burkina Faso comme une équipe très compétitive, l’une des favorites de notre groupe. Ce sera certainement un match presque décisif pour la qualification au second tour. C’est une équipe solide, compacte, qui montre sur le terrain ce qu’elle veut obtenir, avec un moral élevé, comme l’ont montré ses deux buts inscrits en fin de match. Ce sera une rencontre difficile, mais je crois en mon équipe et nous ferons tout pour gagner et convaincre.
Revenant sur le travail effectué après le premier match, Petkovic a insisté sur la nécessité d’identifier rapidement les manques afin de corriger les imperfections observées : « L’important est de reconnaître les problèmes, et nous avons essayé de le faire. Nous avons identifié certaines difficultés, nous les avons travaillées collectivement et nous avons réussi à les transmettre à l’équipe. Les résultats doivent se voir sur le terrain, mais je suis convaincu que nous avons partagé avec les joueurs les enseignements du premier match. Ces premières rencontres servent à progresser, à apprendre et à s’améliorer.
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Concernant plus précisément l’adversaire burkinabè, le technicien bosnien a dressé le portrait d’une équipe expérimentée et difficile à manœuvrer : « Comme je l’ai déjà dit, c’est une équipe solide, qui joue ensemble depuis longtemps et qui a du caractère. Elle possède des points forts et de fortes individualités, sur le plan physique comme mental. Cela nous oblige à rester concentrés pendant 90 minutes et à afficher nos valeurs.
Enfin, Petkovic a rappelé sa philosophie de jeu, mettant en avant l’importance d’imposer l’identité de son équipe dans une compétition aussi exigeante que la CAN : « Depuis le début, j’ai cherché à transmettre à mon équipe sa propre intensité. Dans cette CAN, c’est essentiel, car on ne peut pas s’adapter tous les trois jours à l’adversaire. Avoir ses propres principes de jeu et d’organisation facilite l’approche des matchs, toujours dans le respect de l’adversaire.
Pression médiatique en Algérie
« En Algérie, la presse a un poids phénoménal et donc un fort pouvoir de nuisance ! » Cet ancien sélectionneur algérien n’a pas oublié la forte pression médiatique à laquelle il a dû faire face.
Dans un pays où il existe une cinquantaine de quotidiens, de nombreux sites, des multiples talk-shows à fortes audiences et des supporters fanatiques, les attentes envers l’équipe nationale sont décuplées.
De tout temps, le sélectionneur a cristallisé les critiques d’une population et de médias dont certains « assument leur côté supporters ». Christian Gourcuff, en poste chez les Fennecs entre 2014 et 2016 avait dénoncé à l’époque ce climat : « C’est difficile de trouver la sérénité en Algérie. On aime mettre la pression sur les joueurs et critiquer à tout-va. Les joueurs ne peuvent pas être sereins dans ce cas. Ils sont constamment sous pression et ce n’est pas normal. Certains médias ne sont pas là pour aider la sélection.
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