La défaite du Barça face au PSG : explications et analyses

Un scénario rocambolesque, un exploit mémorable, une humiliation… Les mots ne manquent pas pour décrire le match retour de ce huitième de finale retour de la Ligue des champions entre le Barça et le PSG. Contre toute attente, l’équipe de la capitale a été éliminée dès les huitièmes de la compétition par le FC Barcelone, au Camp Nou.

Défaite du Barça face au PSG

Victorieux (4-0) à l’aller, trois semaines plus tôt, le PSG s’est littéralement effondré en Catalogne, balayé et humilié en mondiovision (6-1) par Lionel Messi et consorts. Ce naufrage historique représente un fiasco retentissant pour Qatar Sports Investments (QSI), propriétaire du club depuis son rachat en 2011.

Un Camp Nou en ébullition

Etrillé au Parc des Princes, démissionnaire à la fin de la saison, l’entraîneur barcelonais Luis Enrique avait exhorté ses supporteurs à faire du Camp Nou « une cocotte-minute ». Dès l’entame de la partie, une vague déferle dans les travées vertigineuses de la monumentale enceinte. Sous pression, les Parisiens cèdent dès la troisième minute de jeu, concédant un but de l’Uruguayen Luis Suarez.

Ambiance au Camp Nou

Sous une nuée de sifflets stridents, les joueurs d’Unai Emery sont constamment asphyxiés par des Blaugrana spectaculaires, mêlant grinta et écrasante maîtrise du ballon. Pris à la gorge par le trident offensif « MSN » (Messi, Suarez, Neymar), les Parisiens ne réussissent à se dégager de l’étau, multipliant les erreurs techniques. A force de reculer, les « visiteurs » plient une deuxième fois (40e) peu avant la pause. Sous pression, Layvin Kurzawa inscrit un but contre son camp au creux d’un Camp Nou semblable à un volcan.

Au retour des vestiaires, le PSG prend une nouvelle fois la bourrasque barcelonaise de plein fouet. A la suite d’une faute de Thomas Meunier sur le Brésilien Neymar, l’arbitre de la rencontre désigne le point de penalty et le prodige argentin Lionel Messi ne se fait pas prier pour transformer la sentence (50e), renforçant les espoirs des socios survoltés. On voit alors les dirigeants parisiens blêmir d’inquiétude en tribunes.

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Mais au fil des minutes, la formation d’Unai Emery parvient à sortir de son camp, trouvant même le poteau par l’intermédiaire de son avant-centre Edinson Cavani (52e). A la réception d’un ballon en hauteur dans la surface, le numéro 9 du PSG réduit la marque (62e) d’une frappe en force. Perchés en haut des travées vertigineuses du Camp Nou, les 4500 supporteurs parisiens exultent, quasiment assurés de voir les quarts.

Les Blaugrana doivent alors réaliser l’exploit d’inscrire trois buts pour se qualifier. La dernière demi-heure de la partie va pourtant sceller le crash du PSG. Après une nouvelle occasion manquée de Cavani, le défenseur brésilien parvient à maintenir le navire à flots en sauvant un ballon dangereux sur sa ligne (66e). Battus dans les duels, les Parisiens reculent inéxorablement.

Un match qui vire au cauchemar

Le match vire au cauchemar pour les protégés d’Unai Emery. Le Brésilien Marquinhos commet une faute ligitieuse sur Luis Suarez dans la surface de réparation. L’arbitre allemand Deniz Aytekin désigne à nouveau le point de penalty. Dans une ambiance indescriptible, Neymar le transforme en force.

Penalty accordé au Barça

Le long du terrain, les officiels de la rencontre indiquent les cinq minutes d’arrêts de jeu qu’il reste à disputer. Les nerfs en capilotade, multipliant les fautes, les Parisiens peinent à dégager le ballon au loin. Recroquevillés, les quadruples champions de France en titre concèdent plusieurs coups francs périlleux tandis que les minutes s’égrènent. Sur l’un d’eux, Neymar hérite d’un ballon dans la surface, pique sa passe en direction de Sergi Roberto. Ce dernier se mue en bourreau du PSG, lobant le gardien Kevin Trapp.

Extatiques, les remplaçants du Barca envahissent le terrain pour célébrer cette banderille létale. Hagards, comme pétrifiés, les Parisiens se tiennent les hanches. Au coup de sifflet final, les socios entonnent leurs chants. Pour la dixième fois d’affilée, le Barça se qualifie pour les quarts de finale de l’épreuve. Jamais une équipe n’avait jusqu’alors réussi à renverser la vapeur après une défaite (4-0) concécée à l’aller.

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Quant au PSG version qatari, il est une nouvelle fois terrassé par sa bête noire barcelonaise, déjà victorieuse en quarts en 2013 et 2015. Cet improbable crash pourrait durablement secouer les propriétaires qataris du club, et en premier rang son président Nasser Al-Khelaïfi, dont l’objectif d’atteindre au minimum le dernier carré de l’épreuve ne sera donc pas atteint cette saison.

L'arbitrage en question

À chaud, de nombreux parisiens, ou pas d’ailleurs, se sont offusqués de l’arbitrage pendant le match. En cause : des décisions plutôt litigieuses de l’arbitre en faveur des Catalans. Après le match historique entre le Barça et le PSG, il n’était pas rare de lire ou d’entendre quelques noms d’oiseaux à l’encontre de l’arbitre de la rencontre, Deniz Aytekin.

Si du côté des joueurs et des dirigeants parisiens, on n’en allait pas jusqu’à crier au scandale, on n’a pas hésité à en parler. « Il y a deux penaltys sifflés contre nous, et deux pas sifflés pour nous. C’est très dur à accepter pour moi. Plusieurs décisions arbitrales sont au centre du débat. La première intervient en première mi-temps avec une main non-sifflée de Javier Mascherano sur un centre de Julian Draxler. À ce moment de la rencontre, le score est de 1-0 et la main, il est vrai, est évidente. Sauf que l’on touche là à un débat éternel du football : était-elle volontaire ou non, cette main ?

Dans un autre domaine, Gérard Piqué aurait pu quitter le terrain prématurément. Averti d’un premier jaune, le défenseur catalan s’est fait remarquer par la suite en faisant une faute grossière sur Cavani, qui filait au but. Un deuxième jaune n’aurait pas été de trop, synonyme d’exclusion. Par la suite, le premier penalty accordé au Barça est jugé comme « généreux », Neymar se jetant plus que Meunier ne commettant la faute. Cependant, comme le souligne notre envoyé spécial, Guillaume Lainé, le penalty est « peut-être un peu sévère mais pas scandaleux ».

De plus, dans un premier temps le penalty n’est pas accordé par l’arbitre principal, c’est l’arbitre de surface qui fait changer d’avis M. Autre grief fait à l’arbitre de la rencontre : s’être laissé berner par les simulations des Barcelonais, Neymar et Suarez en tête. S’il est vrai que les deux Sud-américains ont pas mal plongé et réclamé des fautes, l’arbitre ne s’est pas laissé tout le temps berner.

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En parlant de simulation, comment ne pas revenir sur probablement l’un des tournants de la rencontre : le penalty accordé à Luis Suarez. Sur cette action, l’Uruguayen joue clairement bien le coup et trompe la vigilance de l’arbitre. Un penalty transformé qui permet aux Barcelonais de mener 5-1 à 5 minutes du terme. Autre fait de jeu qui irrite les supporteurs parisiens : la faute de Mascherano sur Di Maria. Ce dernier n’a d’ailleurs pas hésité à reconnaître que la faute était réelle sur le joueur parisien, ce qui aurait donc donné un penalty.

Pour autant, toutes ces décisions défavorables peuvent-elles réellement servir d’excuse ? Peut-on réellement expliquer cette défaite par une simple analyse « L’arbitre a donné le match aux Parisiens ? » Il est clair que non. Inexcusable La presse étrangère, comme la presse française, n’a d’ailleurs pas hésité à souligner la faiblesse du PSG. En réalité, la contre-performance du PSG tient plus de la faute professionnelle que de celle de l’arbitre. Si ce dernier n’a, assurément, pas eu les décisions les plus justes, cela ne peut expliquer une telle déroute.

L’argument de l’arbitre est d’autant plus non recevable que les Parisiens ont eu plusieurs occasions de faire la différence. Que dire de cette action où Di Maria oublie complètement Cavani, seul ? Une défaite que les supporteurs parisiens, tout comme les joueurs et dirigeants, auront du mal à avaler. Pour autant, il est des matches rares où il ne faut pas chercher d’excuse ou d’explication à l’irréel.

Les raisons de la défaite selon Mundo Deportivo

Depuis ce match, tous cherchent à comprendre pourquoi les hommes de Ronald Koeman en sont arrivés là, notamment face au PSG. Dans son édition, Mundo Deportivo tente d’apporter quelques réponses. Et la première raison de cette débâcle soulignée est le manque d’impact physique. Dès l’entame du match, voir les Parisiens être positionnés assez haut et venir s’installer dans le camp adverse a surpris tous les observateurs.

Car d’habitude, à chaque fois qu’ils venaient jouer au Camp Nou, les Franciliens passaient surtout le plus clair de leur temps à courir après le ballon dans leur moitié de terrain. MD indique que la baisse de régime physique a surpris en interne, tout comme la position assez basse du bloc culé. Dans le dur physiquement, les partenaires de Lionel Messi n’ont donc pas eu les ressources pour aller presser les Parisiens dans leur propre surface. Contrairement au scénario de 2017, les Franciliens ont certes été parfois contraints de défendre bas, mais ils n’ont jamais été asphyxiés comme il y a quatre ans. Ils ont d’ailleurs pu ressortir le cuir sans trop de difficultés.

Le troisième point évoqué est plutôt une critique personnelle. Nous étions à la 29e minute quand Ousmane Dembélé a raté une grosse occasion de faire le break, alors que le Barça menait 1-0 suite au penalty marqué par Messi. Un raté qui aurait pu mettre la tête des Parisiens sous l’eau. Un raté qui rappelle surtout le gros loupé du Français au Camp Nou contre Liverpool en 2019. Ce soir-là, les Catalans menaient 3-0 dans la demi-finale aller et le champion du monde 2018 a vendangé une énorme occasion dans les arrêts de jeu. Battus 4-0 au retour, les Blaugranas en ont longtemps voulu à l’ancien pensionnaire du Borussia Dortmund. Le PSG peut donc remercier Dembélé puisqu’il a finalement égalisé peu de temps après. L’inefficacité offensive a d'ailleurs aussi été l’un des défauts soulignés.

Enfin, la faiblesse du secteur défensif est sans doute l’une des causes principales du naufrage culé. Voir le Barça forcer le retour de Gerard Piqué et le titulariser pour son premier match de reprise a été le signal d’une défense aux abois. Clément Lenglet et Samuel Umtiti n’offrent plus de grosses garanties et le forfait de Ronald Araujo a fait mal aux Barcelonais. D’où la présence de Piqué. Indisponible depuis le 21 novembre, l’emblématique capitaine blaugrana n’a toutefois pas pesé bien lourd. Pas étonnant pour une reprise. Enfin, les latéraux n’ont pas été à la fête eux non plus. Pourvoyeur essentiel de munitions offensives, Jordi Alba est très peu monté, tandis que Sergiño Dest a vécu un véritable calvaire face à Kylian Mbappé.

Les statistiques du match

Statistiques du match Barça-PSG

Voici quelques statistiques clés du match :

Statistique Barça PSG
Possession 54% 46%
Tirs 16 10
Tirs cadrés 9 4
Corners 7 4
Fautes 15 12

Ces statistiques montrent une domination du Barça en termes de possession et de tirs, mais une efficacité redoutable du PSG dans les moments clés.

La Remontada, Ce Que Personne N'a Vu [Barça-PSG] | H5 Motivation

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