C'est un peu le rituel de chaque rentrée. L'arrivée du nouveau NBA 2K est hautement attendue par tous les fans de basket-ball. Et pour cause, en plus de 20 ans d'existence, le jeu a su s'imposer comme la meilleure simulation de basket sur consoles. Le précédent opus (NBA 2K22) était déjà une franche réussite sur PlayStation 5 et Xbox Series X/S. Plus en forme que jamais, et avec une jolie palette de nouveautés en plus, ce nouvel épisode compte bien enfoncer le clou et ainsi éteindre définitivement la concurrence (bien que timide depuis quelques années). Pour les fans de ballon orange, il serait une véritable hérésie de passer à côté de cet épisode.
Alors, que peut bien offrir de plus cette édition 2022-2023 pour asseoir son caractère incontournable ?
Nous avons joué près de 60 heures à la version PS5 de NBA 2K23, le temps d’explorer le scénario du mode Carrière et de tester la plupart des modes de jeu, en ayant uniquement joué en difficulté Pro.
Le premier contact avec le jeu dépend de votre expérience avec la série. Certains se dirigeront directement vers le mode MyTeam, Ma CARRIÈRE, MyNBA ou iront apprendre les bases du côté de 2KU.
Tuto Essentiel NBA 2K23 Les mécanismes de base à connaitre
Une claque visuelle encore plus poussée
Ce nouvel épisode de NBA 2K ne déçoit pas visuellement. Les graphismes sont d'une propreté absolue et nous offre la réelle sensation de regarder un vrai match de basket une fois de plus. Michael Jordan n'a jamais été aussi beau que dans cet opus.
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On apprécie également tout ce système d'animation mis en place pour rendre les matchs plus vivants. Chaque quart-temps est ponctué de séquence de divertissement. Pom-Pom girls, danseurs (mention spéciale pour l'apparition du groupe Jabbawockeez), mascotte géante... Côté animations, c'est une fois de plus un sans faute pour 2K Games qui clairement maîtrise son sujet.
Par souci de fidélité et avec ce goût du détail, Visual Concepts a tenu à respecter le rendu d’une diffusion télé d’époque, d’abord en respectant la DA du tableau des scores ainsi que la manière de réaliser la retransmission, mais aussi en appliquant des filtres visuels fidèles à la période traversée. Enfin les développeurs ont également pensé à la manière dont peut se comporter l’IA au cours de ces rétrospectives.
Un gameplay perfectionné
Le système de jeu de NBA 2K23 reste dans la droite lignée de ce que nous avait proposé le précédent épisode. Il faut dire que le gameplay simulation proposé par 2K Games est l'ADN même du titre. Quelque peu fustigé en raison de son manque d'animations, le jeu dévoile cette année de nouveaux mouvements, comme la possibilité de s'accrocher plus longtemps à l'arceau du panier, de dunker d'une nouvelle manière, de contrer ses adversaires en pleine course...
Le système de jauge a également été revu afin d'en proposer une version plus juste. Le timing est en effet un peu plus exigeant. Il n'en reste pas moins accessible pour ceux qui découvrent la franchise puisqu'un mode Semi-Pro a fait son apparition.
Au niveau Pro, être bourrin paye rarement et il est nécessaire de déclencher des tactiques, de demander des Pick & Roll, de souvent chercher le partenaire démarqué pour s’ouvrir des attaques au panier ou des shoots ouverts. Ce savoir-faire de plusieurs années continue d’être grisant à expérimenter manette en main, et chaque opus apporte son lot d’améliorations liées à ce gameplay.
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Cette année la jauge de shoot a été revue et dispose de déclinaisons pour celles et ceux n’étant pas à l’aise avec le design par défaut. Du côté de la défense, un travail a été fait sur les interceptions, la protection de balle pour les dunkers, mais surtout au niveau des contres. On notera également des ajustements liés aux déplacements avec d’une part les boosts d’adrénaline. Un joueur ballon en main pourra aller au contact ou tenter des accélérations tant qu’il dispose d’adrénaline. Une fois les trois jauges consommées, la fatigue se fait ressentir et il deviendra impossible de faire la différence seul.
D’autre part, de nouveaux dribbles et tirs ont été ajoutés via le Pro Stick. Les shoots font également l’objet d’une nouveauté cette année : les notes d’attributs. Ainsi, outre les stats, shooter avec Steph Curry ou Andre Drummond se ressent différemment et n’est pas influencé de la même manière par la défense adverse. En bref, c’est donc toujours un plaisir d’apprendre petit à petit un gameplay qui, il faut le rappeler, se laisse approcher de manière toujours aussi délicate auprès des néophytes. Toute cette science du basket s’articule encore une fois sous son plus beau jour, en témoigne cette ambiance sonore et visuelle toujours au top. Sur les parquets, déjà, avec cette impression de participer à un véritable match de NBA, mais aussi en dehors.
Seul bémol de taille concernant l’immersion, en tout cas sur PlayStation et quelque soit la qualité de la connexion, un input lag gâche depuis des années les parties en ligne, obligeant les joueurs à retirer la jauge de tir et s’habituer à ce décalage.
Un contenu Jordanesque
Comme dans chaque épisode, Visual Concepts [en charge du développement du jeu, ndlr] veille à offrir un contenu toujours aussi gargantuesque. Cette édition 23 est la plus généreuse qu'il nous ait été donné de voir. Entre le mode carrière, le Jordan challenge (vous permettant de revivre les plus beaux moments de la carrière sportive de l'icône du basket), le MyNBA ou bien le My Team, vous en aurez pour votre argent.
Si le fait de voir apparaître Michael Jordan sur la jaquette du jeu (dans son édition spéciale) pouvait paraître prétentieux de la part de 2K Games, force est de constater que le titre est bel et bien à la hauteur de l'athlète. Légendaire.
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Les Modes de Jeu Principaux
Passée cette nouveauté, les habitués retrouvent deux gros piliers de la série dans ce NBA 2K23.
Ma CARRIÈRE
Comme chaque carrière depuis plusieurs opus, la progression de notre joueur prend place au sein d’une histoire et donne ainsi un contexte et une motivation à notre joueur pour gravir les échelons. S’en suit alors différentes cutscenes où tout le monde aurait voulu voir Shep Owens, notre grand rival, prendre notre place, et lui le premier. C’est historiquement une constante dans la série, mais les dialogues sont malaisants la plupart du temps et les personnages sont horriblement caricaturaux, en témoigne Ashley, la pro des réseaux sociaux et des stats de popularité.
Quelle est la finalité ? Pouvoir être suffisamment légitime pour affronter Shep Owens sur un terrain mythique de playground et devenir roi de la ville. En résumé, une rivalité entre rookies de la plus prestigieuse des ligues de basketball, commentée de manière assez irréaliste par bon nombre de médias, est vouée à se régler sur un court de basket de rue, sans jamais avoir eu besoin de se rencontrer sur le parquet durant la saison régulière. On repassera donc sur l’absence de fun lié à l’histoire puisqu’après tout, l’essentiel se déroule manette en main.
Cela étant, si l’on dispose de la version Standard de NBA 2K23, sans le bonus de 100 000 VC offert par la version Jordan, les débuts sont un peu poussifs et on peine à s’amuser tout de suite. Ce n’est pas tellement dérangeant puisqu’il est difficile pour un rookie de s’adapter à la ligue et, en plus de ça, MP dispose d’une belle corde à son arc pour pallier cet écart. Ce Leadership prend deux formes, celle du Général, en bleu, et celle du Précurseur, en rouge. Lorsque l’on a suffisamment de points, on les dépense alors dans la compétence de notre choix, et une fois celle que l’on souhaite définie, on doit alors réaliser des actions particulières en match afin de profiter d’un bonus plus ou moins important et plus ou moins longtemps selon la difficulté desdites actions. Pouvoir ainsi bénéficier d’un gros bonus de tir, d’agilité ou encore de force, pour soi et ses coéquipiers, transforme en sa faveur la physionomie du match. Une mécanique très appréciable pour accompagner nos débuts, et presque cheatée dès lors que notre MP a bien progressé. Si tout se passe bien durant votre match, il est même envisageable de déclencher le Takeover d’équipe, une fois la jauge remplie.
Problème, l’activation de ce Takeover est automatique et se révèle très peu confortable. Tout cela pris en compte, il demeure un problème évident mais regrettable, traîné depuis la création de ce mode. Le début de la carrière étant scénarisé, on doit automatiquement obéir aux lois du script. Ainsi, que l’on inscrive 30 points par match ou que l’on ne mette pas un pied devant l’autre, on se retrouvera forcément en instance de départ en raison de performances jugées insuffisantes par la direction. Des objectifs obligatoires sont alors à atteindre pour avancer, et nous imposent un rematch en cas d’échec.
Bien que Ma CARRIÈRE soit désespérant dans sa narration, et qu’il se veut surtout agréable lorsqu’il s’agit d’être sur les parquets, tout n’est pas à jeter au sujet des à-côtés. Jugée trop grande à explorer par les fans au sein de l’opus précédent, Visual Concepts a légèrement réduit la taille de la map et a installé des points de déplacement rapide sous forme de stations de métro. Et Dieu sait que les escapades en ville sont nécessaires, surtout en œuvrant pour contrôler les différents quartiers. De même, pour avancer dans le domaine de la mode ou de la musique, divers objectifs et actions spécifiques sont à réaliser à certains points de la ville.
Seul souci, NBA 2K23 est une production américaine, et donc les traductions en français cassent totalement le jeu de la rime et de la répartie, alors on tâtonne et on recommence jusqu’à avoir les bonnes réponses, de quoi en agacer certains. Pour le reste, des défis quotidiens et hebdomadaires sont à retrouver en ville, entre courses de skate, matchs de rue, objectifs donnés par les PNJ à réaliser au cours de matchs en ligne.
Parmi les autres activités disponibles, l’exploration permet aussi de s’entraîner une fois par jour avec Chris Brickley pour parfaire ses mouvements, ou encore participer à une séance d’entraînement à la salle hebdomadaire pour bénéficier de bonus de performance en match. Enfin parlons de l’Arena. À chaque match, on dirige notre joueur au sein de l’enceinte sportive de la franchise.
MyTeam
MyTeam en reconduit la plupart pour le plus grand plaisir des habitués. Les récompenses, justement, constituent toujours autant le moteur ultra efficace de MyTeam. Quel que soit le sous-mode joué, l’espoir de gagner des MT (la monnaie de MyTeam) des jetons NBA ou encore des cartes nous pousse à jouer inlassablement.
En Triple Menace, gagner nous donne une opportunité d’ouvrir un coffre, et si la « chance » est avec nous, il y a plus ou moins de risque de tomber sur telle ou telle récompense, avec bien entendu des possibilités infimes de récupérer la plus intéressante. D’autres leviers de gains sont activés cette année, avec l’Exhibition qui consiste à envoyer des joueurs en mission sur le globe pendant une durée donnée afin qu’il nous ramènent une récompense. Et pour constituer les équipes qui nous accompagneront dans ces différents modes, Visual Concepts et 2K Sports ont eu l’excellente idée de retirer la notion de contrats. Arrivé à 0, le joueur ne devenait plus utilisable, à moins de payer en MT un montant plus ou moins cher selon la rareté de la carte, ou alors d’appliquer une carte contrat souvent récupérée sur le marché d’enchères, et loin d’être gratuite.
Malheureusement, d’autres calculs restent à faire si l’on veut progresser au même rythme que certains. Les VC, ou Virtual Coins, constituent la monnaie la plus importante de la série NBA 2K. Elle a la particularité d’être gagnée et partagée à travers différents modes du jeu. Mais aussi, et surtout, les VC se révèlent on ne peut plus utiles dans MyTeam. Certes, les MT, gagnés naturellement en jouant à MyTeam, peuvent donner accès à un pack thématique, ayant une chance de contenir un joueur spécial, mais les VC, eux, octroient plus de chance de tomber sur un de ces joueurs. Donc, cette année encore, les VC dictent le rythme de la progression. Et vu la quantité déraisonnable de VC demandée pour les plus gros packs, il n’y a pas d’autre choix que de sortir la carte bleue. En guise d’exemple, tirer dix packs coûte 99 000 VC et en tirer vingt coûte 198 000 VC.
Le premier, c’est qu’au-delà le fait de ne quasiment pas pouvoir y accéder sans dépenser d’argent, les joueurs récupérés dans les packs accessibles via des VC finissent par se retrouver sur le marché. Ce qui nous amène au deuxième problème. Si par miracle on parvient à récupérer un de ces joueurs de qualité supérieure, avec des heures et des heures de jeu au compteur, le prochain pack thématique, et surtout la saison suivante, en aura déjà amené de meilleurs, remettant en quelque sorte les compteurs à zéro. Bien entendu, en jouant uniquement en solo, elles ne souffriront d’aucun impact. Mais pour la grande majorité de ce qui concerne le multi, un déséquilibre sur le papier est assuré entre les acheteurs et les autres. Pay-to-win qui devient pay-to-fast avec le mode Ma CARRIÈRE où injecter énormément de VC dès le début permet de catapulter la valeur de MP vers les sommets.
Ce modèle économique n’a rien de nouveau, et n’est pas exclusif à la série NBA 2K, mais il est important d’informer les joueurs de la persistance de cette mécanique, et il s’avère particulièrement frustrant qu’un jeu aussi qualitatif soit entaché de ces pratiques depuis longtemps pointées du doigt.
Cachés derrière ces deux gros modes de NBA 2K23 d’autres continuent d’exister, avec plus ou moins de panache. The W, mode carrière féminin, continue d’être hélas l’ombre de la version masculine même si l’absence de scénario et des à-côtés permet au moins d’aller à l’essentiel : le terrain. Concernant MyNBA, les concepts d’époques et de filtres visuels attitrés aperçus dans Jordan Challenge prennent plus d’ampleur dans ce mode.
NBA 2K23 est le meilleur épisode de la série sorti à ce jour.