Arsenal contre Manchester United: Une rivalité historique

Si aujourd'hui la rivalité entre les deux équipes n'est plus qu'un symbole, France Football retrace pour vous l'histoire de ce match pas comme les autres en Angleterre. Une rivalité féroce, acharnée, devenue presque chimérique par instants, et incarnée par de valeureux guerriers dont les excès de zèle sont devenus tout simplement mémorables.

Arsenal vs Manchester United

Source: eurosport.com

Les origines de la rivalité

Selon Sir Alex Ferguson lui-même, cette rivalité entre Arsenal et Manchester United daterait du tout début des années 1990. En effet, au mois d’octobre de la même année, les deux équipes se rencontrent à Old Trafford pour un match de championnat. Arsenal ouvre le score par l’intermédiaire du Suédois Anders Limpar.

Plus tard dans le match, un tacle très musclé du rugueux défenseur anglais Winterburn sur le Mancunien Irwin échauffe les esprits d’un match à l’atmosphère très tendue. Irwin et son coéquipier McClair se vengent, Winterburn se fait prendre à partie puis une bagarre de 20 secondes éclate entre la quasi-totalité des joueurs d’Arsenal et ceux de Manchester United. Le score ne changera pas, les deux équipes se verront retirer des points suite à ces incidents et distribueront des amendes aux joueurs impliqués ainsi qu’à l’entraîneur d’Arsenal de l’époque, George Graham.

Les origines de la rivalité United-Arsenal a été lancée lors d'un match de FA Cup à Highbury où Brian McClair avait raté un pénalty en toute fin de match. Ce raté lui avait valu un chambrage ininterrompu de la part du latéral des Gunners Nigel Winterburn qui l'avait poursuivi jusqu'au rond central.

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Les deux équipes se retrouvaient un an plus tard et un tacle en retard de Winterburn sur Dennis Irwin avait mis McClair dans un état de rage folle. La suite ? Une vengeance pure et dure avec une bagarre générale où Winterburn, à terre, recevra plusieurs coups de pieds dans le dos. Le défenseur anglais racontera dans la presse qu'il avait payé ce jour-là ses provocations envers McClair. Une grande rivalité était née.

L'ère Wenger-Ferguson

Pour beaucoup, cette époque constitue l’apogée du football anglais. L’époque où un certain entraîneur alsacien, alors inconnu au bataillon, pose ses bagages du côté du nord de Londres après une expérience en territoire japonais, la valise remplie d’idées qui allaient révolutionner le football anglais. Un football alors dominé par un Ecossais du nom de Sir Alex Ferguson, aussi impitoyable qu’empathique, et dont le Manchester United s’avère être un véritable rouleau compresseur écrasant tout sur son passage.

Bientôt ces deux visions différentes du football - une vision plus européenne, continentale, s’imposant comme un vent de fraîcheur prêt à souffler sur tout le Royaume et l’autre plus territoriale, usuelle, et profondément ancrée dans la tradition - allaient entamer un affrontement dogmatique légendaire aujourd’hui ancré dans l’histoire.

16 novembre 1996 : la première rencontre Wenger-Ferguson

Inconnu en Angleterre, c’est un Arsène Wenger ambitieux qui se retrouve dans le Championnat anglais au début de la saison 1996-97. Pour son premier match contre le rival Manchester United, il perd 1-0 sur un but contre son camp de Nigel Winterburn.

Des débuts réussis à Arsenal puisque son approche du jeu et son style sont très appréciés par les spécialistes, bien que certains restent sceptiques, comme Alex Ferguson : «Il arrive du Japon depuis quelques mois, il ne connaît rien ici, et maintenant, il nous explique comment nous devons organiser notre jeu», avant de rajouter «ils disent qu’il est intelligent, n’est-ce pas ? Il parle cinq langues ? J’ai un jeune ivoirien de 15 ans qui parle cinq langues». De quoi alimenter la rivalité entre les deux clubs.

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Si la guerre des mots entre les deux managers s'est amoindrie avec les années, elle a connu des pics assez indécents et ce, dès l'arrivée du Français sur le banc des Gunners. Une arrivée saluée comme il se doit par Fergie : "Tout le monde dit qu'il est intelligent. La preuve, il parle cinq langues. Moi ici, j'ai un Ivoirien de 15 ans qui parle cinq langues !" Ferguson changera son fusil d'épaule à l'annonce du départ de Wenger d'Arsenal : "Il a été un rival, un collègue et un ami".

2 mai 2002 : «Les brutes d’Arsenal»

Une nouvelle déclaration de l’entraineur mancunien. Après une défaite 1-0 face à Arsenal, qui permet à ces derniers de remporter la Premier League, Alex Ferguson déclare après le match : «Ce sont des brutes ultra-physiques. Nous sommes meilleurs, c'était un non-sens».

Remportant son deuxième doublé FA Cup - Premier League depuis son arrivée, Arsène Wenger répond avec humour : «Tout le monde pense avoir la plus belle femme à la maison». En espérant que Ferguson ait compris la métaphore.

28 avril 2013 : La fin d'une rivalité

Même si la guerre entre Arsène Wenger et Alex Ferguson s’est atténuée depuis quelques années avec la nouvelle concurrence Chelsea, City ou Tottenham, c’est à la suite du départ de Ferguson que les deux hommes reconnaîtront réellement le talent de l’un et de l’autre. A cette date, l’entraineur mancunien effectue son dernier match contre Arsenal. Quoi de mieux pour les deux hommes de se quitter sur un score de parité (1-1).

Mettant fin à sa carrière le 8 mai 2013, Ferguson s’est vu rendre un bel hommage de la part de son meilleur ennemi : «Il est difficile d'imaginer le football anglais sans lui, mais c'est maintenant une réalité et un fait. Le prochain entraineur devra montrer qu'il a la dimension suffisante pour combler le vide».

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Cinq années plus tard, c’est au tour de Wenger de quitter son poste d’entraîneur d’Arsenal après 22 ans. Et Alex Ferguson aussi a rendu un hommage au Français : «J'ai beaucoup de respect pour lui et le travail qu'il a fait à Arsenal. Il est, sans aucun doute, l'un des meilleurs entraîneurs de l'histoire de la Premier League.

Wenger and Ferguson

Source: bleacherreport.net

Moments clés de la rivalité

21 septembre 2003 : La bataille d’Old Trafford

Début de saison presque parfait de la part d’Arsenal, après 4 victoires et un match nul lors des 5 premières rencontres de la saison. Les Gunners se déplacent à Old Trafford pour la sixième journée. Un match qui se termine sur un score nul et vierge mais qui aurait pu tourner à l’avantage des Mancuniens.

Dans une partie rythmée par les tacles et les provocations, c’est en toute fin de match que Van Nistelrooy se voit offrir un penalty généreux. Malheureusement pour lui, son tir s’écrase sur la barre transversale pour le grand bonheur des joueurs d’Arsenal, qui viennent entourer le Néerlandais pour le chambrer. Une fin de match sous tension qui se termine sur une bagarre générale. Une enquête a même été ouverte par la Fédération anglaise sur la conduite inappropriée de certains joueurs au cours du match.

Nous sommes à la sixième journée de la saison 2003-2004 et les "Invincibles" d'Arsenal se rendent sur la pelouse d'Old Trafford pour y disputer une véritable bataille. Des coups, des blessures, du chambrage des cartons. "The Battle of Old Trafford", tout simplement. Un affrontement manqué par la maladresse de Ruud Van Nistelrooy, lequel avait raté la balle de match sur un penalty à la dernière minute et Martin Keown en avait profité pour venir chambrer le Batave. La fin de match, très houleuse, avait fait ouvrir une enquête à la FA anglaise qui avait accusé six joueurs d’Arsenal et deux de Manchester United de "conduite impropre".

25 avril 2004 : Le sacre des Invincibles

Arsène Wenger en rêvait et il l’a fait. Une saison complète de Premier League sans la moindre défaite. Après les évènements à Old Trafford, Arsenal ne perd aucun match et remporte la Premier League avec 26 victoires et 12 nuls. Un record qui rapporte à cette équipe le surnom des «Invincibles».

C’est sur le terrain de Tottenham (2-2), à cinq journées de la fin du Championnat, que Thierry Henry et ses coéquipiers sont assurés de remporter le titre. Titre qu’ils fêteront dans leur stade le 15 mai suivant avec leur supporter, lors de la dernière journée contre Leicester (victoire 2-0). Quant à Manchester United, ils terminent à la troisième place derrière Chelsea.

Les Invincibles d'Arsenal 2004: l'Histoire d'une Saison Parfaite avec Henry, Pirès, Vieira, Bergkamp

24 octobre 2004 : La fin des Invincibles

Une seule équipe pouvait les battre... Manchester United met fin à une série de 49 matches sans défaites pour Arsenal. Et qui de mieux que Ruud Van Nistelrooy pour inscrire le premier but de la rencontre… sur penalty. En fin de match, c’est Wayne Rooney qui scelle le sort d’Arsenal. Une victoire 2-0 dans un nouvelle rencontre sous tension qui finit en bagarre dans les couloirs d’Old Trafford à la fin du match.

Certainement agacé après le penalty litigieux accordé à Van Nistelrooy, Wenger qualifie cette rencontre de vol. Ferguson raconte : «Dans les tunnels, Wenger critiquait mes joueurs en les qualifiant de tricheurs. Je lui ai dit de les laisser tranquilles et de bien se comporter lui-même. Il était livide et a couru vers moi avec les poings serrés en disant : ‘’Qu’est-ce que tu vas faire ?"».

C’est dans cet attroupement que l’entraineur écossais reçoit une part de pizza dans le visage de la part de Cesc Fabregas. Un épisode qui ressemble à une blague mais que le joueur a confirmé quelques années plus tard.

Le "Pizzagate"

24 octobre 2004, Manchester - Arsenal 2-0. Ce jour d’octobre, l’atmosphère est électrique sur la pelouse mais aussi en coulisses. L’histoire de ce match ne retiendra finalement pas que Manchester avait remporté le fameux choc 2-0 ni même que ce soir-là, les Reds Devils avaient mis fin à 49 matches sans défaite des "Invincibles", mais plutôt que la fin de rencontre s’était soldée par une pizza lancée depuis les couloirs des vestiaires directement dans le visage d’Alex Ferguson.

Une pizza jetée par Cesc Fabregas comme l'Espagnol le confirmera quelques années plus tard.

1er février 2005 : Keane vs Vieira

Nous sommes dans les couloirs avant le match entre Arsenal et Manchester United, et le combat débute déjà. Ce sont des échanges houleux entre les deux capitaines, Roy Keane et Patrick Vieira qui se font entendre. Des échanges qui auraient pu en venir aux mains si les autres joueurs n’étaient pas intervenus. Une rivalité entre les capitaines en plus de celle des deux équipes...

Une rivalité dans la rivalité. Nous sommes en février 2005 et après un match aller très houleux en octobre, les deux quipes se retrouvent pour un second acte encore plus acerbe avec comme protagonistes principaux les deux capitaines : Roy Keane et Patrick Vieira. Fortes têtes, l’Irlandais et le Français se sont échangés des insultes avant même le début de la rencontre, et sans l’intervention de leurs coéquipiers, ils auraient même pu en venir aux mains dans le tunnel étroit de Highbury, l'ancien stade des Gunners.

5 mai 2009 : La rivalité jusqu’en Europe

Demi-finale de Ligue des Champions, Arsenal rêve d’une nouvelle finale après celle de 2006, perdue face au FC Barcelone au Stade de France. Vainqueur 1-0 à l’aller, Manchester United met fin aux espoirs des Gunners en s’imposant 3 buts à 1 grâce notamment à un doublé de Cristiano Ronaldo et un but de Park Ji-Sung. Les Red Devils échoueront cependant en finale eux aussi contre les Blaugrana.

En ce soir de mai 2009, la rivalité se transpose en demi-finales de Ligue des champions. Les Gunners rêvaient d'une seconde finale de C1 en moins de cinq ans après 2006, mais United avait d'autres projets. Park a ouvert le score avant que Cristiano Ronaldo, par deux fois, ne fasse parler la poudre. Un véritable calvaire pour les Gunners. Une fois de plus, United était le caillou dans la chaussure de Wenger...

28 août 2011 : L’humiliation

C’est un match qu’aimerait oublier Arsène Wenger, un naufrage pour l’équipe qui signe le début d’une descente en enfer à Arsenal. Les buts de Van Persie et de Walcott ne suffisent pas contre le triplé de Rooney, le doublé de Young et les buts de Welbeck, Nani et Park. Défait 8-2, les Gunners encaissent leur plus lourde défaite depuis 84 ans.

Remis des tensions passées avec le Français, Ferguson prendra ensuite sa défense : «Je pense qu'il est injuste de le critiquer pour son travail pour Arsenal et sa philosophie… C’est un monde cynique maintenant et lorsque vous perdez quelques matches, les jugements sortent».

Nous sommes en août 2011 et Arsenal subit une véritable déculottée. Un doublé de Young, un triplé sur coups de pied arrêtés de Rooney et des réalisations de Park, Nani et Welbeck signent la plus lourde défaite des Gunners depuis 84 ans pour un 8-2 des plus mémorables que Wenger voudra néanmoins à tout prix oublier. Arsenal s'empressera de rembourser ses supporters pour ce spectacle.

8-2

Source: independent.co.uk

Autres rencontres mémorables

Outre les moments déjà mentionnés, d'autres rencontres ont marqué l'histoire de cette rivalité :

  • 1979, finale: un scénario de folie
  • 1999, demi-finale: la magie de Ryan Giggs
  • 2003, huitième de finale: l'affaire de la chaussure
  • 2005, finale: la premières séance de tirs aux buts
  • 2008, huitième de finale: Arsenal corrigé

Ces matchs, chacun à leur manière, ont contribué à forger la légende de cette rivalité.


Date Compétition Résultat
16 novembre 1996 Premier League Manchester United 1-0 Arsenal
2 mai 2002 Premier League Arsenal 1-0 Manchester United
21 septembre 2003 Premier League Manchester United 0-0 Arsenal
25 avril 2004 Premier League Arsenal Champion
24 octobre 2004 Premier League Manchester United 2-0 Arsenal
5 mai 2009 Ligue des Champions (Demi-finale) Manchester United 3-1 Arsenal
28 août 2011 Premier League Manchester United 8-2 Arsenal
28 avril 2013 Premier League Arsenal 1-1 Manchester United

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