L'Histoire Électrisante des Clubs de Danse des Années 90

Les années 90 ont été une décennie marquante pour la musique et la culture club. La dance music est devenue un phénomène de masse, générant une production bon marché à l'usage des jeunes. Cette époque a vu l'émergence de nouveaux genres musicaux et de scènes nocturnes vibrantes, particulièrement à New York.

Scène de nightclub animé

Une scène typique de nightclub, où la musique et la danse créent une atmosphère unique.

L'Émergence de la Dance Music

Le terme « dance music » est assez vague. C'est avec la généralisation de l'usage des synthétiseurs et l'apparition de la house music (venue de Chicago), au milieu des années 80, que le mot ‘dance’ prendra tout son sens, fédérant une nouvelle vague de producteurs formés à l'école des clubs. Dès le début des années 90, la dance music devient un phénomène de masse.

Ce que l'on nomme vite "eurodance" a des héros, qui sont autant de simulacres dissimulant des producteurs italiens ou allemands qui placent des mannequins en couverture des disques. Cette décennie fut l'âge d'or de l'eurodance, cette tambouille des enfers à l'efficacité redoutable, qui rapporta des millions à l'industrie du disque durant ses années fastes, de 1993 à 1995.

En France pourtant, le genre semble avoir mis la clé sous la porte dans la précipitation la plus totale, suite à un backlash médiatique sans précédent. Réécouter Cappella aujourd'hui, c'est découvrir une musique hystérique, aux BPM en surchauffe, avec des mélodies incroyables mais surtout beaucoup trop de tout. Un son maximaliste qui tabasse et rend fou au service de club bangers épileptiques. En fait, c'était vachement bien.

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Citons également le Handsup, un style de musique électronique créé en Allemagne au début des années 2000. Cette dance a pour caractéristiques d'être rythmé et mélodique, correspondant à un savant mélange de trance et de dance des années 90. Le Handsup est parfois désigné comme "Hard Dance".

La Techno : Une Révolution Instrumentale

Apparue vers 1988 en Angleterre, dans les boîtes de Manchester, la techno est essentiellement instrumentale. Ses initiateurs sont de jeunes Noirs de Detroit fascinés par Kraftwerk (dont Juan Atkins, Derrick May, Kevin Saunderson). Rapidement, le genre gagne l'Europe en parallèle avec la vague anglaise de l'acid house.

Traumatisées par la disgrâce du disco, la techno reste pourtant une musique sans visage, abstraite. Sans le support des mots, la techno tire son épingle du jeu en rassemblant une nouvelle génération de noctambules. Généralement, la musique techno se distingue par une abondance de percussions, de sons synthétiques et d'effets réalisés en studio, sur une rythmique régulière variant généralement entre 120 et 140 battements par minute.

Aux origines de la techno de Détroit, la plupart des compositions donnent une large place à la mélodie et à la ligne de basse sans être les éléments essentiels à sa forme, comme c'est le cas pour d'autres musiques de danse. Cette musique est particulièrement adaptée au DJ, du fait qu'elle est instrumentale. Elle possède un son distinct, facilement reconnaissable.

Toutefois, malgré ces dérives regrettables, la production s'internationalise. Des labels se créent en Hollande (R&S Records), en Allemagne, en France (F. Communications), des réseaux se forment, sur le modèle de la scène alternative ou rap.

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New York : Un Epicentre Culturel

Le New York bohème a connu son dernier feu d’artifice dans les années 1990. Là se regroupent les nouveaux crâneurs de toutes races, ethnies, genres, orientations sexuelles et milieux pour célébrer, en dansant jusqu’à l’aube, « la paix, l’amour, l’unité et le respect ». House, hip hop, techno, musique industrielle, gothique, drum and bass, grunge, ou autre variété du son underground : la musique attire un mélange d’oiseaux de nuit infatigables, habillés pour produire leur effet.

En tant que photographe officiel de Peter Gatien, l’illustre roi des clubs, Steve Eichner réalise alors des images dans des lieux où l’appareil photo est prohibé. « J’étais supposé », dit Eichner, « photographier des célébrités pour faire de la publicité aux clubs, mais la plupart des photographies de ce livre, je les ai faites pour moi-même. Quelque chose en moi voulait que je témoigne de ce que je voyais.

« Peter était incroyablement inventif - on ne savait jamais à quoi s’attendre », dit Eichner. « Le Limelight de New York était une église qu’il avait transformée en club. Il y avait une soirée différente dans chaque pièce, et elles changeaient toutes les nuits. Le Tunnel était, à l’origine, un tunnel ferroviaire de milliers de mètres carrés. Il y avait une rampe de skateboard à l’entrée ; à l’étage, un bar complet était installé au beau milieu de toilettes mixtes, car c’était là que tout se passait, dans les clubs. A l’USA, il y avait un toboggan entre le balcon et la piste de danse, pour s’éclater quand on entendait sa musique préférée. Peter ne se reposait jamais sur ses lauriers.

C’est dans les clubs que RuPaul lance son tube mondial “Supermodel (You Better Work)”, et que Patrick Swayze et Wesley Snipes se familiarisent avec leurs rôles dans Too Wong Foo, Thanks for Everything! Julie Newmar, un film de 1995. “La Mecque”, la soirée du dimanche au Tunnel, devient l’épicentre du hip hop de la côte Est. Funkmaster Flex, animateur de hip hop sur la station Hot 97, est aux platines, et invite des artistes tels que Jay-Z, Nas, Puff Daddy, Method Man et DMX, auxquels le public le moins facile du monde fait une belle réputation.

« C’est dans les années 1990 », observe rétrospectivement Eichner, « que la différence a été acceptée pour la première fois. Des gens de toutes sortes se mélangeaient dans les clubs, ils s’entendaient et s’amusaient.

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New-York, où Mark Ronson a débarqué très tôt en famille, une ville si chère à ses yeux qui fait partie intégrante de son livre. C'est un mémoire baptisé Night People: How To Be A DJ in ‘90s NYC qui traite selon lui de "Trois de mes grands amours : l'art du DJing, avec ses hauts et ses bas émotionnels, l'énergie électrique de New York la nuit tombée, et les personnages fous et merveilleux des clubs qui sont devenus ma seconde famille.

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L'Héritage du Clubbing

Le clubbing, ou la culture des clubs, est un phénomène social et culturel qui a émergé dans les années 1970 et 1980. Des clubs comme le Studio 54 à New York ont été emblématiques de cette période, offrant un espace où la musique, la danse, et la liberté d'expression étaient célébrées. Les années 1980 ont vu l'émergence de la musique House à Chicago dans des clubs comme le Warehouse, où le DJ Frankie Knuckles jouait.

La House dance est un style de danse associé à la musique House, qui a évolué parallèlement à la culture clubbing. Elle tient ses racines dans les clubs de Chicago et de New York des années 1980. C’est dans les années 1990 que la House dance a commencé à se structurer en tant que style distinct avec ses propres techniques et mouvements.

En France, c’est en 1995 que le groupe Mission Impossible avec notamment Rabah Mahfoufi et Didier Firmin, importe les fondamentaux de la House dance comme le Footwork, le Jacking et le Lofting. Durant les 20 dernières années, la House dance a gagné en reconnaissance mondiale.

Tableau Récapitulatif des Genres Musicaux des Années 90

Genre Musical Origine Caractéristiques Artistes Clés
Eurodance Allemagne, Italie Mélodies accrocheuses, rythmes rapides, souvent avec des chanteurs de façade Cappella, Corona, Ice MC
Techno Detroit, Angleterre Musique instrumentale, percussions abondantes, sons synthétiques Juan Atkins, Derrick May, Kevin Saunderson
House Music Chicago Rythmes élevés, souvent avec des éléments de disco et de funk Frankie Knuckles
Handsup Allemagne Mélange de trance et de dance des années 90, rythmé et mélodique (Artistes moins connus, souvent underground)
DJ mixant de la musique dans un club

Un DJ en pleine performance, capturant l'essence de la culture club.

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