L'Histoire et l'Évolution du Boxing Day en Premier League

Tradition en Angleterre depuis de nombreuses années, le Boxing Day, la journée de Premier League réservant des matches le 26 décembre après Noël, est un rituel social et familial profondément ancré dans la culture britannique.

Tandis que la plupart des Européens digèrent le repas de Noël ou restent au chaud à la maison, les supporters anglais - jeunes et anciens - se pressent par dizaines de milliers dans les tribunes. Cette affluence exceptionnelle se traduit par des taux de remplissage record.

Le Boxing Day est devenu une vitrine mondiale de la Premier League. Retransmis dans plus de 180 pays, cet événement attire chaque année des centaines de millions de téléspectateurs. De Lagos à Bangkok, de Paris à New York, les fans de foot se réunissent pour célébrer le 26 décembre devant les écrans.

Au Royaume-Uni, qui dit 26 décembre, dit Boxing Day. Une tradition qui, sur le plan footballistique, consiste en la programmation, ce jour-là, de plusieurs matches du championnat anglais, avec notamment derbies et autres affiches alléchantes.

Mais d’où vient cette tradition ? Si le flou entoure l’origine de ce "jour des boîtes", une chose est sûre, elle se trouve très, très loin des stades de football.

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L’histoire du Boxing Day débute bien avant l’ère médiatique de la Premier League. Avec la fondation du championnat anglais en 1888, les organisateurs intègrent très tôt le 26 décembre comme date clé du calendrier. La période des fêtes, où les ouvriers bénéficient de congés, se prête parfaitement à une journée dédiée au football.

Jusqu’en 1957, certains clubs disputaient même des matchs le jour de Noël, le 25 décembre. Ce jour de relâche s’est peu à peu transformé en véritable rituel sportif.

Les Origines du Nom "Boxing Day"

Plusieurs versions circulent sur la genèse du Boxing Day. La plus répandue remonte au 19eme siècle, vers 1830. Le 26 décembre, le lendemain de Noël, était un jour de repos pour le personnel de maison et les ouvriers.

Leurs employeurs profitaient de cette journée pour leur offrir ces fameuses "boxes" ("boites"), dans lesquelles on trouvait leurs restes de Noël, de l’argent et des cadeaux. Les domestiques repartaient dans leurs maisons et pouvaient en profiter avec leurs familles.

Pour certains britanniques, le Boxing Day remonte bien avant, au 15e siècle. Epoque où les plus pauvres recevaient un peu d’argent collecté dans les boîtes que l'on trouvait dans les églises.

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Selon une troisième version, le Boxing Day vient de la superstition des marins. Ces derniers, avant de prendre la mer, préparaient une boite avec un peu monnaie en guise de porte-bonheur. S’ils revenaient vivants de leur expédition, ils remettaient la boîte au prêtre de leur paroisse, qui redistribuait l’argent aux plus démunis.

Depuis 1871, cette date est un jour férié en Angleterre, qu'on appelle « Boxing Day », littéralement « jour des boîtes ». Plusieurs versions circulent sur sa provenance mais la plus répandue est qu'au XIXe siècle chez les familles disposant de personnel de maison, les domestiques étaient autorisés à prendre un jour de congé le lendemain de Noel.

Et avec ça, ils avaient donc droit à une boîte, a box, avec quelques présents. La Premier League, dès sa création, a très vite vu le potentiel de faire jouer des matches à cette date.

Et sur ses 136 ans d'existence, il y a toujours eu au moins un match programmé le 26 décembre dans son calendrier. Qui dit jour férié, dit matches en après-midi, supporters disponibles et stades combles.

Ce qui rend le Boxing Day unique, c’est aussi son rythme effréné. L’engagement, la spontanéité du jeu, les conditions météo parfois extrêmes (pluie, gel, brouillard) renforcent le côté brut et authentique de cette journée.

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Le calendrier du 26 décembre est souvent pensé pour minimiser les déplacements : les derbys régionaux sont privilégiés, renforçant l’intensité des affrontements. Ces chocs, déjà explosifs en temps normal, prennent une dimension particulière lorsqu’ils sont disputés devant un public chauffé par l’esprit de Noël.

Le Boxing Day le plus mémorable s'est d'ailleurs tenu le 26 décembre 1963. En 10 matches ce jour-là, 66 buts avaient été marqués, six joueurs avaient réalisé un triplé et quatre avaient été expulsés.

C'est aussi à ce moment que se forgent les titres : enchaîner trois ou quatre victoires entre Noël et janvier, c’est souvent créer un écart que les concurrents n’effaceront plus.

Le 26 décembre marque un tournant stratégique dans la course au titre. En 2024 par exemple, Liverpool a dominé Leicester (3-1), pendant que Chelsea et Manchester City perdaient des points précieux.

Longtemps perçue comme un signe de futur sacre, la position de leader à Noël est un indicateur statistique fort, mais pas infaillible. Sur les 13 dernières saisons, 10 équipes en tête à Noël ont été sacrées.

Le Boxing Day ne se joue pas en vase clos. Il est le point de départ d’une séquence infernale, entre matches rapprochés, blessures, rotations d’effectif et climat difficile.

Sir Alex Ferguson répétait à l'envi que le titre de Premier League peut se perdre dès Noël. C'était plutôt le lendemain, le 26 décembre de chaque saison, jour du Boxing Day.

« Le titre de champion d’Angleterre ne se gagne pas le 26 décembre, mais il peut se perdre pendant le Boxing Day » adorait rappeler Sir Alex Ferguson, l’illustre ancien entraîneur de Manchester United.

De l’ère Alex Ferguson jusqu’aux entraîneurs plus récents, United s’est construit une véritable culture de la gagne à Noël, avec une moyenne supérieure à trois buts par match sur les meilleures saisons.

S’il y a un joueur qui incarne le Boxing Day en Premier League, c’est Harry Kane. Son efficacité redoutable à cette période de l’année lui a valu le surnom de "Mr Boxing Day", et il s’est illustré à plusieurs reprises par des triplés spectaculaires et des buts décisifs dans des affiches à haute intensité.

On dit que le match qui a lancé cette tradition de jouer au foot le 26 décembre est un derby entre le plus vieux club du monde, le Sheffield FC et son voisin, le FC Hallam, qui s'est tenu en 1860. Mais si cette affiche est bien la première trace d'un match de football joué un 26 décembre, les origines du Boxing Day tel que nous le connaissons ne sont en fait pas très sportives.

Pour connaître l’origine du « Boxing Day », il faut revenir au 26 décembre 1860 lorsque que Sheffield FC affronte le Hallam FC, l’autre équipe de la ville. Le premier derby et match interclub de l’histoire.

Une date toute aussi symbolique puisque c’est un jour férié au Royaume-Uni. « La journée des boîtes » est une période de charité durant laquelle les élites devaient donner des petites boîtes remplies d’argent ou d’objets aux classes les moins favorisés.

A partir du 19e siècle, le « boxing day » a donc son pendant en football Une double-histoire qui dure depuis plus d’un siècle.

Avec la fondation du championnat anglais en 1888, les organisateurs intègrent très tôt le 26 décembre comme date clé du calendrier. La période des fêtes, où les ouvriers bénéficient de congés, se prête parfaitement à une journée dédiée au football.

La Premier League, dès sa création, a très vite vu le potentiel de faire jouer des matches à cette date. Et sur ses 136 ans d'existence, il y a toujours eu au moins un match programmé le 26 décembre dans son calendrier.

Au départ composé d’une seule journée de dix matchs, le Boxing Day comporte aujourd’hui 3 journées, étalées du 26 décembre au 1er janvier.

De ce fait, si cette journée du 26 décembre tient une place importante dans la culture britannique, la Ligue Anglaise et les clubs ont su en tirer un profit maximal.

D’après le co-directeur de l’Observatoire Sport et Société, les prix des places augmentent de près de 4 euros pendant le boxing day. L’idée étant de maximiser les revenus issus de la billetterie.

Durant cette période, l’affluence dans les stades affiche un taux record entre 95 et 100% de remplissage. De quoi augmenter les recettes « match-day » de 5 à 15% par rapport à un match normal.

« La force du football anglais, c’est d’être parti d’une tradition pour en faire un véritable produit économique. C’est cette tradition qui a permis des bénéfices exceptionnels pour la Ligue » explique Pierre Rondeau, spécialiste en économie du sport.

La Football Association (FA), fédération anglaise de football, a encore vu les choses en plus grand. Pour bénéficier de ces revenus uniques, la Ligue anglaise a instauré deux journées supplémentaires de championnat pendant les fêtes.

La possibilité pour les diffuseurs de profiter d’un monopole incontestable. Seul championnat à jouer, match à 13h pour toucher le marché asiatique… Tout est fait pour bonifier les droits TV.

Ce n’est pas anodin si Amazon a déboursé 105 millions d’euros pour pouvoir diffuser 20 matchs de Premier League, dont les dix matchs du 26 décembre.

Boxing Day Premier League

Les Controverses et Défis Actuels

À l’ère du football intensif et de la surcharge physique, le Boxing Day est aussi l’objet de débats. Des voix, comme celles de Jürgen Klopp ou Pep Guardiola, ont critiqué ce rythme effréné, et dénoncé un manque de considération pour la santé des joueurs.

La question se pose : le Boxing Day survivra-t-il aux évolutions du football ? Mais pour l’instant, rien n’indique une disparition proche.

« Si le 26 décembre est une véritable tradition, on peut évidemment remettre en cause les journées du 28/29 décembre et celle du 1er janvier. Une remise en cause partagée également par les premiers acteurs du « Boxing Day ».

Joueurs et entraîneurs sont régulièrement montés au créneau pour dénoncer la fatigue liée à ces trois journées de championnat disputées en sept jours seulement. L’année dernière, Jürgen Klopp, l’entraîneur du champion en titre Liverpool, avait qualifié de « crime » le calendrier choisi par la Ligue avec deux matchs en 48H à peine pour son équipe.

Une période intense et éprouvante qui a régulièrement désigné le champion pour le reste de la saison. Les revenus économiques tirés du « Boxing Day » ont de quoi faire saliver les dirigeants des autres championnats.

Mais alors, pourquoi le championnat anglais est-il le seul à avoir son « Boxing Day » ? « Tout simplement parce qu’on ne construit pas une telle puissance économique sans tradition » résume Pierre Rondeau.

Ce spécialiste de l’économie du sport ne verrait pas d’un bon œil l’arrivée d’un boxing day dans le championnat français. Pourtant, de l’autre côté des Alpes, l’Italie a déjà essayé fin 2018 sans grand succès.

Les stades en Série A n’avait rassemblé qu’en moyenne 25 000 spectateurs, soit 500 de moins qu’une journée lambda. La période avait en revanche été une réussite pour Sky qui avait touché plus de 5 millions de téléspectateurs sur l’ensemble de la 18ème journée avec un pic à 9,37% de parts d’audience pour Inter-Napoli.

Un demi-échec surtout marqué par les insultes racistes à l’encontre de Kalidou Koulibaly, défenseur de Naples, et la mort d’un ultra de l’Inter juste avant le match.

Une idée qui s’est également propagée dans d’autres sports. Depuis 2016, c’est le Top 14 qui a vu naître son propre « Boxing Day » avec deux journées disputées pendant les fêtes.

Des résultats probants pour la Ligue Nationale de Rugby avec près de 15% d’affluence supplémentaire en moyenne dans les stades. Il ne faut pas oublier que le rugby français a un calendrier chargé avec les compétitions européennes disputées le week-end.

Ce « Boxing Day » n’a donc pas été importé pour ses bénéfices économiques mais davantage pour ses avantages en terme de calendrier. C’est peut-être sur ce chemin que pourrait se retrouver la Ligue de Football Professionnelle (LFP).

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